L’état des droits LGBTQ dans la francophonie

Égalité et légalité – conférence internationale sur la diversité sexuelle et la pluralité des genres dans la Francophonie

La francophonie internationale

La francophonie réunit plus de 80 pays dans le monde qui ont en commun l’usage, à degrés variables, du français. L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) se veut la tribune privilégiée d’échanges et de coopération de l’espace francophone et regroupe la plupart des pays où le français occupe une place de choix comme langue d’usage, d’administration ou de culture. Elle admet aussi d’autres pays, francophiles, pour un total de 84 membres, dont 54 États et gouvernements membres, 26 États observateurs et quatre États associés.

Quelques pays où l’on dénombre d’importantes populations francophones, comme l’Algérie (11 millions), l’Israël (700 000), les États-Unis (six à 12 millions) puis la Syrie restent, pour diverses raisons, en marge de cette organisation.

C’est à l’automne 2016 que la question des droits des personnes issues de la diversité sexuelle et de la pluralité des genres a été soulevée publiquement pour la première fois à l’OIF, alors que les délégations du Québec et du Canada l’ont abordée lors du XVIe Sommet de la Francophonie à Antananarivo (Madagascar).

Selon l’Observatoire de la langue française, il y a quelque 274 millions de locuteurs du français dans le monde, faisant d’elle l’une des langues les plus répandues au monde et parlées sur tous les continents. Par ailleurs, les pays francophones rassemblent plus de 900 millions d’habitants, soit 14 % de la population mondiale. Et, d’ici 2050, la population de la francophonie est appelée à doubler, largement nourrie par le boom démographique africain.

 

L’état des lieux en matière de droits LGBTQ

À l’échelle internationale, l’orientation sexuelle et l’identité de genre (OSIG) sont des réalités qui se vivent de manière très différente selon l’ouverture de chaque pays. Depuis les trois dernières décennies, d’importants progrès ont été réalisés sur la planète dans de nombreux endroits : les personnes issues de la diversité sexuelle et de la pluralité de genres jouissent d’une vaste étendue de droits, leur permettant même de se rapprocher de l’égalité sociale. Par contre, à plusieurs autres endroits, on constate peu de progrès, parfois des reculs où il persiste toujours une nette hostilité. Dans de nombreux États, les droits les plus fondamentaux des personnes LGBTQ sont ignorés sinon violés; la haine et la violence restent la norme à l’encontre de quiconque ose s’afficher.

Dans les pays de la francophonie, la situation n’est guère plus reluisante. Parmi les pays membres de l’OIF, 14 interdisent les relations sexuelles entre personnes du même sexe. En Mauritanie, les personnes ayant des rapports sexuels avec des personnes du même genre sont toujours passibles de la peine de mort.

À Sainte-Lucie, une peine à vie est possible pour des actes homosexuels commis entre hommes. Dans les 12 pays suivants, l’incarcération est aussi une possibilité très réelle : Burundi, Cameroun, Comores, Dominique, Guinée, Liban, Maroc, Maurice, Qatar, Sénégal, Togo et Tunisie. Les sentences maximales varient d’un pays à l’autre, moyennant de trois à cinq ans, sans pour autant dépasser 14 ans.

En Lituanie (pays membre de l’OIF), tout comme dans la Russie voisine, une loi interdisant la « propagande » homosexuelle porte directement atteinte à la liberté d’expression, notamment au droit de s’afficher publiquement en présence d’enfants. Dans d’autres pays de l’espace francophone, des lois de moralité publique, religieuse ou sociale s’attaquent aux comportements jugés « contre nature » et sont utilisées pour persécuter les personnes LGBTQ. C’est le cas de l’Algérie, de l’Égypte, du Maroc, du Qatar, de la Syrie et de la Tunisie.

Bien que peu de données soient compilées, la réalité des personnes « trans » est tout aussi problématique dans l’espace francophone. Le harcèlement et la discrimination dans le domaine de l’emploi et l’accès difficile aux thérapies permettant la réattribution de sexe, sont tous des enjeux qui fragilisent leur existence.

Dans de telles circonstances, l’accès à des droits, comme celui du mariage entre personnes de même sexe, est à peu près inexistant à l’extérieur des Amériques, d’Europe et d’Océanie.